Immobilier 2010 une année blanche ?
Le 10 mars 2010
Après deux années difficiles, la pierre retrouve des couleurs, mais il est trop tôt pour parler de reprise. En 2010, tout dépendra de l'évolution de l'emploi, de la fiscalité et des taux d'intérêt des crédits.
Les années 2008 et 2009 marquent un tournant sur le marché de l'immobilier. Les prix, qui ont augmenté de 140 % entre 1997 et 2007, ont reculé de 10 % environ en deux ans. Cette baisse touche différemment les grandes villes françaises. Tous types de biens confondus, la cote a chuté en moyenne de 10 % à Marseille, 7 % à Rouen et La Rochelle et 4 % à Arras.Le coeur du marché - les ménages déjà propriétaires de leur habitation qui déménagent pour acheter plus grand ou plus petit représentent habituellement plus de 60 % des acquéreurs - n'a pas redémarré. Le spectre du chômage, une offre peu fournie, des prix encore élevés et une réticence à souscrire un prêt relais empêchent cette clientèle de réaliser un projet immobilier. Aujourd'hui, il faut un impératif du à une mutation ou à un divorce pour les obliger à mettre leur bien en vente.
Plus entreprenants , les primo-accédants et les investisseurs ont animé les transactions en 2009. Les premiers, profitant des prêts aidés (prêt à taux zéro majorés, prêts Pass) et de la baisse des taux, ont dynamisé le marché des petites surfaces. Quant aux seconds, ils ont profité du dispositif fiscal Scellier pour investir dans de l'immobilier neuf. Dans ce domaine, 80 % des acquéreurs seraient aidés, affirme un professionnel. Si ces aides cessent, le marché sera donc fortement touché. Pas de panique, car les coups de pouce fiscaux et financiers sont, pour l'essentiel, reconduits pour 2010. En revanche, ils pourraient être modifiés pour 2011. Le marché du neuf risque donc de subir des ajustements.
Autre menace qui pèse sur l'immobilier : une éventuelle remontée des taux des crédits au cours du second semestre 2010.